ministère de la culture et de la communication

 

 

Initiée en 1984, la Biennale de la danse de Lyon est aujourd’hui le grand rendez-vous international de la danse, sans équivalent ni en France ni dans le monde.

La 15e édition de la Biennale de la danse, la première signée par Dominique Hervieu, apporte, tout en s'appuyant sur le riche héritage que constitue la relation de confiance construite auprès de vastes publics prêts à la découverte et à l’échange, deux inflexions qu'il est important de souligner, car elles répondent à des enjeux auxquels une direction artistique ambitieuse, en prise avec le monde contemporain, se doit de se confronter.

L'éditorisalisation de la Biennale, qui met l'accent cette année sur les formes transdisciplinaires où la danse met en mouvement d'autres arts, dessine des lignes de force parmi la diversité, marque des points de repère ou des points de rupture, pour proposer une vision de l'histoire de la danse que viendront enrichir les échanges critiques et réflexifs organisés autour des spectacles. Cette « fabrique du regard », qui a pour ambition de remplacer la consommation par la connaissance et la réception par l'appropriation, est essentielle à la construction d'une culture chorégraphique sensible et sensée, résistant à l'effacement d'un art que tout autre support que celui du corps peine à rendre présent.

La place croissante faite à la création et à la production, dans le cadre de la Biennale et sur les territoires qu'elle investit, d'oeuvres nouvelles, prolonge tout naturellement cette ambition : aux enjeux que met en avant une ligne artistique destinée précisément à les faire apparaître dans toute leur acuité, répondent des chorégraphes invités à s'en saisir, à s'en nourrir avidement ou au contraire à s'en extraire, pour que chacun d'entre eux puisse inventer le langage qui lui est propre et mettre en scène l'univers qu'il voit advenir. Cette « fabrique des oeuvres » contribue à la vitalité de l'art chorégraphique et à la puissance de son rapport au monde.

La nouvelle conception du Défilé, où le souci du sens et le soutien à la création se rejoignent dans une pratique artistique concrète, partagée entre amateurs et professionnels, est très emblématique de ces deux inflexions. À la suite du Défilé, qui lui donne un élan et un dynamisme sans pareils, la « fabrique de l'amateur » propose une nouvelle extension des espaces de participation et renforce le développement artistique et culturel d'un territoire qu'elle irrigue d'innovation et d'intelligence.

 


ALAIN LOMBARD
DIRECTEUR RÉGIONAL DES AFFAIRES CULTURELLES RHÔNE-ALPES